2008, Iloubnan, Beirut, Lebanon

Les Thermes de Saint-Gervais prêtent leur palette de verdure à Rana Raouda et à quelques grands noms de la peinture

Saint-Gervais (France), Par Zahi Haddad Le 17 septembre 2008, 19h14

Jusqu’au 30 septembre, les Thermes de Saint-Gervais (France) accueilleront une exposition des plus originales, en plein air et combinant peinture et littérature. Avec, parmi les grands noms du troisième art, une Rana Raouda enchantée de « représenter » le Liban. Visite guidée.

 

« C’est un vrai bonheur d’être parmi tous ces artistes. J’adore particulièrement la peinture de Rustin qui est certes très
dure mais tellement belle ! » Rana Raouda est à Saint-Gervais comme un enfant émerveillé dans une chocolaterie suisse.
Et il y a de quoi. Dix-sept artistes de renommée internationale ont été réunis par les autorités communales et mis en
scène par le très éclectique Christian Kaviiik, dans un cadre somptueux, pour une exposition des plus originales. Flottant
au vent, exposées à de sublimes variations de lumières en fonction des humeurs de la météo, des reproductions de toiles
de Robert Combas, Henri Cueco, Ernest Pignon Ernest, Gérard Fromanger, Huguette Machado-Rico, Jean Rustin,
Vladimir Velickovic ou Nada Clyne ont ainsi été installées dans un véritable écrin de verdure et de fraîcheur, les
Thermes du Fayet, l’un des quatre petits villages de Saint-Gervais. Une institution bicentenaire réputée pour le traitement
des affections dermatologiques grâce à la conjugaison de l’eau du Mont-Blanc, véritable sérum naturel, et de l’herboristerie d’alpage. Odeur de souffre. À 580 mètres d’altitude, au carrefour des stations du Pays du Mont-Blanc. Sensation
grandissante et envahissante de bien-être et de sérénité. Enthousiaste, Rana Raouda fait office de guide et commente chacune de ces lucarnes, une par une. « Cette exposition est exceptionnelle. Elle est dans la nature et représente ce que
l’art est pour moi : ouvert à tous. » L’art, résistant universel C’est en 2006 que cette galerie à ciel ouvert a ouvert ses espaces bucoliques. Après « La montagne à l’état pur » et « L’eau », le thème retenu cette année est celui des « Résistances ». À chaque artiste la sienne. Mais un dénominateur commun : un langage et des sensations universels. Pour Rana Raouda, qui
se plaît à l’idée de « représenter le Liban » au coeur de cette belle mosaïque, son « À naître » symbolise le désir de naissance, « dans tous les sens du terme ». « La naissance est ma résistance. Et cet embryon, qui est en train de venir au monde,
renvoie au Liban d’aujourd’hui », dira la peintre. Pinceau, plume et liberté Les amateurs pourront goûter à cette palette de visions et d’émotions très diverses jusqu’au 30 septembre. Mais l’originalité de la démarche réside encore dans les
citations d’écrivains qui, sur de grands panneaux, égrènent agréablement le parcours artistique. On retrouve Dostoïevski, Aragon, Nietzsche, Butor, Camus, Semprun, Saint-John Perse, plus actuels que jamais dans leurs réflexions. Sans oublier l’incontournable Gibran qui nous interroge : « Pour devenir libres, que voulez-vous écarter d’autre que des fragments de vous-mêmes ? » Simple. À méditer. Toujours. Autre libanais à l’honneur, Raphaël Toriel, auteur de pétillantes piécettes de théâtre venu en voisin, dont la plume a été sollicitée pour l’occasion : « Du premier cri au dernier souffle, nous avançons, les yeux bandés, contre les vents et les marées, pour un instant de liberté. » À n’en pas douter, cette exposition alpestre se révèle essentielle pour faire de cet instant une éternité. En tout cas pour commencer.

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